Trouver l’équilibre… entre enseignement libre et examen classique

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les élèves de la 6ième en train de ranger et mettre en ordre leurs feuilles et travaux de six ans d’école...

Pensées personnelles de la directrice pédagogique de l’école vivante:

« Encore 10 jours jusqu’aux grands examens de sixième – et nous comptons ces jours ; nous sommes tous un peu nerveux, un peu excités…
C’est la première fois depuis l’existence de l’école vivante que nos élèves doivent passer un examen national, donné par le ministère et passé hors de l’école et sous la garde d’autres personnes.

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Avant de pouvoir passer au collège, chacun doit réussir ce concours. C’est le test qui marque la fin des études primaires.  Ces examens se passent en matière de Maths, Français, Arabe et Religion, et le niveau demandé est très haut.
Surtout pour les écoliers des zones rurales comme la nôtre, cet examen est un vrai défi.
Pour nos élèves, qui sont de pluparts Berbères, déjà l’apprentissage de deux langues étrangères a été un très grand challenge; d’arriver à suivre les cours dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle, d’apprendre deux différents alphabets et directions d’écriture…
Puis les conditions à domicile: avec des parents souvent analphabètes, même ignorants, pas des livres, pas de matériel, quelquefois même pas de table – c’est un grand obstacle. Comment ils peuvent atteindre le même niveau comme les enfants en ville qui sont, au moins depuis leurs enfance, entouré par des lettres sur des panneaux, par les chiffres, par l’Arabe et le Français parlé ?

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A l’école vivante, l’enseignement se focalise sur les besoin de ces enfants berbères ; nous travaillons avec diligence et beaucoup de patience, donc tout le monde peut apprendre les bases.
Nous mettons tout en relation avec la vie réelle de nos élèves afin qu’ils puissent comprendre le contenue et à quoi il sert.
Ici nous reconnaissons le développement individuel de chaque élève ; nous travaillons si proche avec chacun que nous pourrions donner rapport de son état actuel à chaque moment. Nous connaissons les forces comme les faiblesses, les talents comme les aversions de chaque écolier.

Pour nous, la compétence de pouvoir gérer un conflit de manière paisible est aussi important que la maitrise de conjugaison des verbes françaises ; pour nous la compréhension de la trigonométrie est aussi important que la connaissance de jardinage, cuisine, arts et des travaux manuels.
A l’école vivante, c’est le développement de la personnalité entière qui compte, c’est le développent de la personne individuelle vers sa meilleure façon de soi-même.

Nous trouvons difficile à juger l’être humain, surtout à cet âge-là, par des tests hors des situations réelles. Nous voyons que les résultats en chiffres ne peuvent que montrer une très petite partie des compétences acquis par chacun.
Pour nous, ces chiffres sont peu important, nous préférons de valoriser l’apprentissage entière de chacun, au niveau personnel, au niveau des matières, mais aussi au niveau social – les élèves sont pour nous des trésors beaucoup plus riches que ce qu’ils montrent sur les feuilles.

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Donc, c’est actuellement une période dur : à mettre en équilibre l’enseignement en pédagogie coopérative/ libre avec la révision rigide pour ces examens assez difficile.
C’est un vrai challenge pour les profs, mais aussi pour les élèves.
Ce qui nous donne courage, c’est de voir chaque jour l’épanouissement de nos élèves, malgré tous ces préparations et nombreux travaux de mémorisation.
Ça fait plaisir de voir leur joie et leur zèle pendant le travail individuel, concentré et auto-responsable en classe, pendant les projets pratiques, pendant les sorties en groupe et en communication courageuse avec leurs profs et nos invités
– voilà , chacun fleuri de sa manière – personne n’est pas comme l’autre – tous ont des compétences différentes – c’est ça la richesse humaine, vraiment vivante – et c’est ça qui compte à la fin ! 

 

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